Elle secoue, Léonora Miano. Livre après livre, elle raconte les tourments d’une Afrique blessée, dépeint les crispations identitaires de la France contemporaine, évoque « la fin du monde connu », la traite négrière ou le déracinement. Lauréate du dernier prix Femina, l’auteure franco-camerounaise ne cesse d’interroger l’impact de la grande histoire sur la petite, tout en célébrant les métissages culturels l’humanité partagée. Une parole rare et résolument salvatrice.

« Je ne parle pas volontiers de moi », prévient-elle d’emblée. On le comprend rapidement: Léonora Miano est de celles qui préservent jalousement leur intimité. « Il y a des amis que je fréquente depuis des années et qui ne sont jamais venus chez moi. » On la retrouve donc au Fumoir, chic café littéraire proche du Louvre, où elle a l’habitude de donner ses interviews. Des rencontres avec la presse qui se sont multipliées depuis qu’elle a reçu le Femina, en novembre dernier, pour son roman La Saison de l’ombre (Grasset). Sa récompense? Elle n’a, dit-elle, « pas encore eu le temps de la savourer », même si elle constate « l’immense déferlement de joie d’Afrique jusqu’aux Antilles » qu’a suscité son prix. De quoi la rendre heureuse. Un poil anxieuse, aussi. Désormais, on la reconnaît dans la rue. « Est-ce que je vais pouvoir continuer à gober des caramels mous en lisant un bouquin dans le métro sans que les gens me photographient avec leur portable? » s’interroge-t-elle. Une notoriété encore déroutante, mais aussi une belle reconnaissance pour celle qui, à 8 ans, écrivait déjà de la poésie. [Lire la suite]

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