Il fustige « l’empire euro-atlantiste et l’oligarchie financière » et martèle que l’Hexagone devient une dictature dirigée en secret par l’Europe et l’oncle Sam : l’Union Populaire Républicaine (UPR) de François Asselineau squatte les régionales.

« Aucun attentat de quelque nature que ce soit ne saurait suspendre le cours d’une campagne électorale nationale ». Au lendemain des attaques terroristes de Paris, l’Union Populaire Républicaine (UPR) continue de mobiliser ses troupes en vue des élections régionales. Et pour cause, avec 13 listes, et 1971 candidats, l’UPR est présente dans toutes les régions métropolitaines et à La Réunion : un tour de force pour le micro-parti conspirationniste de François Asselineau.

Comprendre la ligne politique de l’UPR n’est pas vraiment simple. « Nous sommes un mouvement de libération nationale », tente Ahmed Ghlamallah, tête de liste dans l’Allier, passé par Debout la République et ancien contributeur du site d’extrême droite Riposte Laïque :

« Il y a chez nous des gens qui viennent de tout l’éventail politique. Nous nous entendons sur les grands principes que sont la souveraineté nationale, la liberté et la démocratie. »

Une seule constante dans le programme de l’UPR : échapper à la domination (cachée) des États-Unis. Leur solution : la « triple sortie » de l’Union Européenne, de l’euro et de l’Otan. Un triptyque répété en boucle, au point d’éclipser tout le reste. Le mariage pour tous, la laïcité ou le nucléaire ?

« Ce sont des sujets clivants et secondaires par rapport aux véritables enjeux que notre pays est en train d’affronter, donc nous n’en parlerons pas ».

« L’UPR, C’EST COMME UN SÉRUM DE VÉRITÉ »

Un mardi soir dans le 18e, direction un « café-citoyen » organisé par l’une des sections parisiennes du parti, où se retrouvent des adhérents : étudiants, trentenaires, retraités. Rendez-vous « Chez gigi », un bar-restau de quartier un peu vieillot à l’ambiance familiale. « L’UPR, c’est comme un sérum de vérité, ça permet de se désintoxiquer », estime Pierre-Yves*, la cinquantaine grisonnante. Sympathique et affable, l’homme a rejoint le mouvement six mois plus tôt. Aujourd’hui, il en est convaincu :

« Les Américains veulent détruire la France, les Français, la francophonie, tout. »

Et de poursuivre, attablé devant sa pizza végétarienne et son verre de rouge :

« En fait, leur projet c’est de créer un chaos pour que renaisse un nouvel ordre mondial. »

« C’est l’idée des nazis d’ailleurs », le coupe Christophe*, 30 ans, ex-abstentionniste. Le nouvel ordre mondial, c’est l’un des dadas des militants de l’UPR. En substance, nos politiques ne seraient que des pantins manipulés, avec en guise de marionnettiste, les Etats-Unis. [Lire la suite sur Street Press]

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